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bruit

Le bruit et le stress

De tous temps, le bruit a été synonyme d’agression.
Les cris de guerre des hordes antiques avaient pour but d’effrayer, et celle qui produisait le niveau sonore le plus élevé avait presque gagné la bataille.
Jadis, les orages constituaient, sauf catastrophes exceptionnelles, la source majeure de bruit, et pour cela ils étaient bien souvent craints et détestés.
Puis les armées firent un grand progrès quantitatif avec l’invention des armes à feu…
Mais c’est le développement du machinisme, au dix-neuvième siècle, qui a engendré la civilisation du bruit.
Les machines à vapeur, les chemins de fer, les mines, les forges géantes, les fabriques en série ont habitué la population ouvrière récemment arrivée de la campagne aux nuisances sonores industrielles.
Avec les machines de chantiers, les véhicules à moteur et l’aviation, le vingtième siècle, et surtout sa seconde moitié, a généralisé le bruit.
On a enfin commencé à s’en préoccuper et à le limiter par des règlements d’une efficacité très incertaine.
Mais déjà, plusieurs générations s’étaient habituées à ce bombardement sonore qui a créé une accoutumance, au point de le rechercher, engendrant ainsi une culture du bruit.
Il est frappant de constater que ce sont les plus jeunes qui ont un goût très poussé pour les niveaux sonores extrêmes.
Pour la plupart, ils n’ont jamais connu autre chose qu’une société très bruyante et ont fini par s’y adapter jusqu’à vouloir participer à une sorte de culte des décibels.
Chez certains, le bruit est devenu valorisant. C’est une manière de s’affirmer, de se faire remarquer.
Dans les zones de pauvreté financière ou culturelle, de précarité ou de chômage, ceux qui se sentent rejetés trouvent là le moyen qu’on ne les oublie pas, qu’on sache qu’ils existent avec leur individualité particulière.
Cela se traduit notamment par l’emploi d’engins dont le silencieux d’échappement a été percé ou enlevé, et avec lesquels on tourne sans cesse dans les mêmes parages.

Il y a aussi les cris collectifs, les concerts improvisés avec des ustensiles…
Même la musique, systématiquement écoutée avec une puissance excessive, est transformée en bruit qui agresse les voisins.
Quant aux générations plus anciennes, elles opposent aux bruits des jeunes leurs bruits à elles :
→ télévision à pleine puissance,
→ bricolages avec coups de marteaux,
→ concerts de perceuses et de ponceuses…
Ainsi se déclenchent entre voisins des guerres du bruit qui, périodiquement, provoquent des drames ; quelqu’un prend son fusil et tire dans le tas.
Le plus navrant est que les victimes sont fréquemment des enfants.
Mais ce serait une erreur de limiter la violence due au bruit à ces tragiques événements.
Les nuisances sonores exaspèrent progressivement l’agressivité jusqu’à transformer certaines personnes en psychopathes brutaux.

Bruit 1

Un générateur de violence
Chez certains, le bruit fait l’effet d’une drogue qui agit lentement ou sous forme de crises parfois agressives.
Ceux qui le considèrent comme un jeu ou un défi essaient de surpasser les voisins, quels que soient les dommages que cela provoque ; et ce défi permanent constitue en lui-même un entraînement à l’agressivité.
Chez d’autres, il s’avère insupportable, surtout quand il dure.
Or, contrairement à la lumière, il est difficile de se soustraire complètement à un bruit intense.
S’il est impossible d’y échapper, il constitue alors une véritable prison mentale qui développe une réaction d’agressivité.

Cela peut déboucher sur des drames, mais le plus souvent, cette nuisance provoque :
→ des conflits familiaux,
→ des difficultés à travailler pouvant conduire à la perte d’emploi,
→ une nervosité constante et épuisante,
→ des troubles digestifs,
→ des insomnies même lorsque les nuits sont calmes.
Face à un tel tableau on comprend le recours généralisé aux drogues médicamenteuses ou autres.

La télévision associe violence et bruits : explosions, rafales d’armes automatiques, bruits amplifiés de coups portés à mains nues…
De même, dans certains jeux vidéo, des scénarios d’une violence extrême sont associés à des sons inouïs et intenses, des bruits particulièrement grotesques et dissonants écoutés avec une intensité maximale, qui valorisent inconsciemment les attitudes violentes.
L’excitation provoquée par ces jeux et les sons extrêmes qui les accompagnent peuvent provoquer de véritables transes, un lavage de cerveau en même temps que des réflexes conditionnés.
Plus tard, l’enfant devenu adolescent puis adulte sera sensibilisé aux stimulations auditives extrêmes.
Sous leur effet, il voudra reproduire des conduites qu’il y aura associées, mais avec des personnages et des objets réels et non plus virtuels.

Les maladies du bruit
Le bruit provoque aussi des troubles neurologiques.
Car le cerveau, sans qu’on en ait vraiment conscience, lutte contre la surabondance des influx nerveux produits par l’appareil auditif et d’autres organes sensibles aux vibrations en sécrétant des neuromédiateurs qui perturbent son fonctionnement.
L’énergie cérébrale ainsi détournée assume mal, non seulement la pensée, mais aussi les régulations biologiques qu’elle prend normalement en charge.
En outre, certaines structures du cerveau peuvent finalement être détruites ou très diminuées dans leurs capacités, ce qui peut aboutir à des maladies nerveuses plus ou moins graves, notamment de type Parkinson.
Des expériences menées sur des animaux ont montré qu’une exposition prolongée conduisait à la mort, même et surtout si l’appareil auditif n’est pas entièrement détruit.
Il est probable que des maladies purement somatiques et sans rapport direct avec l’audition sont favorisées par des agressions sonores qui affaiblissent le système immunitaire et perturbent gravement les grandes fonctions de l’organisme.

Les sons de moins de 50 Hertz, en particulier, engendrés par les grosses machines de chantiers mais aussi par les caissons de basse de forte puissance des chaînes audio, qui touchent l’ensemble des organes, ont, entre autres, des conséquences sur la circulation sanguine.
Le corps se met alors en situation de défense, y compris psychologique, par une production accrue d’adrénaline et d’autres substances.

Comment faire obstacle à la sauvagerie du bruit ?
La circulation dans les centres villes devrait toujours être strictement limitée.
Il faudrait multiplier les rues piétonnières et, chaque fois que c’est possible, mettre des transports en commun et des véhicules individuels électriques à la disposition des citadins.
Des normes antibruit devraient plus systématiquement être imposées aux entreprises et industries, aux fabricants d’appareils, aux organisateurs et professionnels d’activités bruyantes, aux chaînes de télévision, aux compagnies aériennes et avionneurs, etc.
Quant aux engins trafiqués pour faire le plus de bruit possible, on pourrait évidemment les confisquer.
Hélas, la répression ne représente jamais une solution très efficace ni satisfaisante. Chez des jeunes, elle constitue plutôt une incitation au délit… et cela est particulièrement vrai pour le bruit.
Mieux vaudrait donc finalement organiser de véritables campagnes contre les nuisances sonores, analogues à celles contre le tabac, l’alcool et les accidents de la route.

Tout d’abord, il serait nécessaire de créer le dégoût du bruit excessif par divers biais :
→ en expliquant son impact sur l’appareil auditif,
→ en enseignant aux élèves, avec beaucoup de détails, ce qui se passe dans l’oreille interne,
→ en montrant, statistiques à l’appui, qu’ils risquent une perte importante d’audition dès l’âge de vingt ans ou même avant,
→ en faisant témoigner ceux qui ont subi une surdité accidentelle instantanée en s’exposant à un bruit ou une musique d’une intensité trop forte.

Quant aux adultes, il faudrait leur démontrer qu’ils sont menacés de devenir sourd rapidement, parfois dès quarante ans, alors qu’autrefois cette surdité totale ne s’installait, éventuellement, qu’après quatre-vingt-dix ans.
Sans compter qu’ils portent également préjudice à leurs familles et à leurs proches.

Ensuite vient le civisme. Il est plus agréable de vivre en paix avec des voisins calmes que d’être constamment en guerre avec des brutes, ce que deviennent assez vite les drogués du bruit.

Alors que les vacances classiques se passent dans des lieux bruyants à cause de la densité de population et des activités qui s’y déroulent, pourquoi ne pas plutôt apprendre aux enfants et réapprendre aux plus âgés à se plonger dans le calme de la nature, son silence et ses sons plaisants ?

Les promenades en forêt, les randonnées dans des campagnes ou des montagnes sans pollution sonore, devraient être bien plus fréquentes.

Elles reposent le corps et apaisent l’esprit.

Et pour les sportifs, pourquoi ne pas pratiquer en milieu naturel ou, comme dans les arts martiaux, tout simplement en silence ?

Jan Kristiansen 

D'autres infos: http://www.abavala.com/2013/09/18/quelques-elements-isoler-logement-du-bruit/